13/10/2011

Libye/Tunisie : un avenir certain en partage


L’urgence nous commande d’agir méthodiquement et d’une manière systémique pour asseoir une réelle dynamique d’intégration de nos deux économies ayant pour toile de fond la coopération intra-africaine. Nos deux pays peuvent créer un  tandem de propositions et d’actions pour refondre l’Union Africaine, structure inventée afin d’assouvir les désirs et délires de domination de Kadhafi.

Un acte fondateur et visionnaire s’impose pour un avenir pérenne à destination de nos jeunes générations. Cet acte s’articule, à notre avis, autour de  huit axes principaux :

1.    Etablissement rapide d’un accord de libre circulation des biens et des personnes entre les deux pays, permettant ainsi la formation d’un espace économique sans frontière.

2.    Création d’une monnaie unique, facilitant les échanges entre les deux pays, évitant ainsi l’utilisation de devises étrangères dans nos transactions.
3.    Etude d’un schéma directeur d’aménagement de territoire et de développement commun, outil privilégié pour mettre en cohérence nos infrastructures stratégiques, nos politiques sectorielles prenant en compte les capacités de nos atouts territoriaux. Cet outil devra dégager les investissements complémentaires pour une meilleure intégration de nos deux économies et mettre un terme aux doubles emplois – au gaspillage.
4.    Mise en œuvre d’une stratégie pour unifier progressivement l’enseignement de base assurant ainsi aux nos jeunes un cursus éducatif et un socle culturel commun.
5.    Uniformisation et coordination de nos normes et réglementations dans toutes les activités industrielles et de service pour faciliter l’intégration des deux économies.
6.    Mise en place d’un centre de recherche commun disposant de moyens technologiques de pointe et suffisants pour utiliser nos compétences techniques et scientifiques et aider nos industries à résister à la concurrence internationale.
7.    Institution d’un centre d’études stratégiques et prospectives permettant d’esquisser et d’élaborer des réflexions à l’usage de nos décideurs.
8.    Etablissement d’une agence tuniso-libyenne d’investissement en Afrique. Celle-ci aurait pour mission d’identifier les opportunités d’investissements en relation avec les capitaux et les entreprises de nos deux pays, de favoriser le placement des jeunes diplômés par le biais de microcrédits et la recherche des marchés pour écouler nos divers produits.
Pourquoi ne pas réactiver l'Union tuniso-libyenne, projet emblématique de Bourguiba,  pour édifier un avenir partagé sur une base claire et ratifiée par voie référendaire. On pourrait même envisager une confédération dotée d’une Constitution supranationale favorisant la prospérité reciproque, le développement durable, la solidarité, la cohésion interne, la diversité culturelle et qui s’engagerait en faveur d’un ordre international juste et pacifique. Cette confédération  consacrera l’autonomie des états  et disposerait d’un législatif et d’un exécutif «légers» pour assurer une coordination et une prise de décision rapide à propos des questions d’intérêt mutuel (défense, relations étrangères, économies et finances). Il serait dommage et dommageable de ne pas saisir ce moment historique pour unir nos deux peuples enfin libérés de leurs tyrans.

La Tunisie devrait renoncer au concept infructueux de l’Union du Maghreb Arabe, organisme fantoche plombé par le conflit du Sahara occidental opposant en filigrane le Maroc et l’Algérie. Pourquoi persister à ranimer un objet cliniquement mort à coups de gâchis financiers. Lorsque l’Algérie et le Maroc auront résolu leur différend, la Tunisie et la Libye ensemble, d’une seule voix, participeront, à l’évidence, et pèseront d’autant plus sur le montage d’un nouveau projet maghrébin.
Pour clore cette réflexion, écoutons cette voix venue de loin, vibrante de sagesse et d’actualité, celle de ma  grand-mère : «Qui mange seul s'étrangle seul.»