22/11/2011

2 Mars 1934-2 Mars 2012 ou l’émergence du Mouvement de l’Unité Nationale


Le multipartisme, s’il témoigne de la bonne santé/volonté démocratique d’un pays, d’une soif  de participation citoyenne à la construction de ce dernier, reflète également le désarroi et le manque de confiance dans l’offre politique existante, ce qui, à notre avis, correspond au cas de la Tunisie. Compte tenu de la dimension de notre pays, du nombre assez modeste d’électeurs et électrices,
de l’immaturité relative, du peu de préparation des tunisiens – résultats de l’oppression passée – nous estimons qu’un mouvement républicain regroupant  les courants politiques progressistes est nécessaire pour faire face à la montée des mouvements populistes favorisés par une situation de crise de société et des frustrations cumulées depuis plusieurs décennies et de l’ingérence wahhabites des pays du Golfe . Les résultats des élections du 23 octobre dernier confirment bien ce désordre politique.
Partant du constat que la politique menée actuellement dans notre pays ne donne pas les résultats escomptés, qu’elle n’est pas à l’écoute des tunisiens et tunisiennes et ne répond pas non plus à leur aspiration collective, nous avons souhaité, avec et  autour de personnalités authentiques du Bourguibisme et des valeurs de la République, créer un Mouvement ouvert aux partis politiques partageant avec nous les mêmes objectifs et idéaux et aux citoyens et citoyennes de tous horizons, quelle que soit leur origine sociale ou territorial. Cette initiative vise aussi à rassembler toutes les sensibilités républicaines et progressistes, contribuant ainsi à l’émergence d’un courant politique puissant, convaincu, capable de résister aux courants politiques cherchant à balayer les acquis de notre héritage avant-gardiste commun et de rayer à jamais de notre mémoire collective Tahar Haddad, Abou Kacem Chebbi, Farhat Hached, Habib Bourguiba et tant d’autres figures ayant participé à la construction de la Nation Tunisienne ainsi que la route du progrès et l’espérance démocratique amorcés par le soulèvement populaire.
Refusant le fanatisme,  le fatalisme, le cynisme ou l’indifférence, notre ambition est de proposer aux tunisiennes et aux tunisiens une alternative pour asseoir une République unie, citoyenne, juste et surtout solidaire.
La crise des valeurs que nous traversons depuis maintenant un quart de siècle, a changé la donne. Alors qu’une nouvelle opportunité apparaît sous nos yeux, cette crise doit nous inciter à revoir profondément notre façon de faire l’action  et la pratique politique.
Face à une classe politique qui pratique le déni de réalité et dont les pratiques divisent, nous croyons, au contraire, que les défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés sont si graves que c’est par le rassemblement de toutes nos énergies, au service de la Tunisie et de l’intérêt des générations futures, que nous pourrons à nouveau retrouver la maîtrise de notre destin collectif.
Orphelins aujourd’hui d’une certaine idée du Bourguibisme, celle d’une nation unie, ouverte au Monde et passionnément ancrée dans les cinq principes républicains que sont la liberté, la solidarité, l’égalité, la justice et la dignité, nous souhaitons placer l’exigence de justice et de  sécurité au cœur de notre projet. Nous croyons en une République Solidaire, juste qui additionne les acquis et avancés républicains.
La Tunisie réconciliée à l’intérieur sera plus forte à l’extérieur, surtout en ces moments difficiles où la Nation Arabe est menacée dans son intégrité territoriale,  pour peser davantage sur la scène arabe, africaine et internationale et offrir à nouveau au Monde un message universel sur la dignité.
L’adhésion au Mouvement de l’unité nationale  doit être vue comme une opportunité pour le combat contre le conservatisme et l’obscurantisme.
Notre mouvement refuse de se mettre sous le parapluie des puissances impérialistes et qui est orienté vers l’autodétermination d’une nation tunisienne diversifiée mais homogène, une et indivisible.
Pour la majorité des patriotes consultés, il y a une convergence de perception. Etre membre d’un Mouvement politique, signifie partager un idéal et une vision commune. C’est aussi croire aux objectifs à atteindre et aux moyens que l’on se donne pour les réaliser. La structure politique que l’on crée caractérise et matérialise cet idéal.
La consolidation de notre bloc en un grand mouvement politique fort et solidaire sera un signal  à tous qui confirmera que le réformisme a des beaux jours devant lui et que les réformateurs n’ont pas perdu leur lucidité et leurs objectifs communs.
Cette union autour du Mouvement de l’Unité Nationale sera notre arme pour le combat d’émancipation que nous menons. Nous osons croire et compter sur la compréhension des uns et des autres afin de nous appuyer dans cette initiative.
Le lancement officiel de ce Mouvement fédérateur aura lieu le 2 Mars prochain à l'occasion de la commémoration du congrès extraordinaire du parti à Ksar Hellal (2 mars 1934).
L’avenir appartient à ceux qui osent le penser.
Vive la République citoyenne, solidaire et démocratique.