27/04/2012

Marzouki : baise ma main, mon lapin !


Lors d’une visite soit-disant surprise du président provisoire au marché de gros de Bir al Kassâa, une foule s’est réunie autour de lui  scandant des slogans à la benali : “Vive Marzoukyyyyy” et puis au comble du délire,  deux individus  parmi la foule, se sont cassés en deux pour un baisemain, comme dans certaines monarchies des pays du Golfe ou au Maroc. Une première dans l’histoire de notre République !
Le dictionnaire définit le baisemain comme suit: « le baisemain est un geste de courtoisie, de politesse, de respect, d'admiration ou encore de dévouement d'un homme envers une dame. Ce geste consiste pour l'homme à s'incliner profondément, voire plier humblement le genou et la nuque devant la dame, et à saisir délicatement la main de cette dernière afin de porter celle-ci à ses lèvres pour la baiser silencieusement et le plus respectueusement possible en signe d'hommage.»
Le baisemain «béni»  fut-il un geste spontané ou mûrement organisé et réfléchi ou fut-il un complot «diabolique» de l’opposition ? Les deux « baiseurs » sont-ils des Rcdistes saboteurs du président provisoire ?
Ceux qui ont pratiqué ce rituel à Bir Al Kassaa, se sont-ils mépris sur le genre de Marzouki qu’ils auraient confondu avec une dame ? Ou ont-ils cherché à lui faire passer un message codé ? En tout cas, cette malheureuse aventure prouve que notre président provisoire est le dindon-dinde de la farce !
Allons-nous régresser jusqu’à réintroduire une pratique médiévale que Moncef Bey avait, dès son intronisation,  supprimée car humiliante pour les dignitaires de la Tunisie ?
Marzouki, s’il est de bonne foi, doit réclamer des excuses de ces deux individus qui n’ont pas hésité à le ridiculiser. De même, ces deux énergumènes doivent présenter leurs excuses à la République qu’ils ont ridiculisée et piétinée par leur bouffonnerie.
Si nous condamnons avec humour ce geste antirépublicain, il n’en demeure pas moins qu’il s’inscrit dans une liste de faits irrévérencieux bafouant les signes de la République. A quand le prochain ? Combien de temps le gouvernement va-il rester muet sur ces pratiques ?
Plus grave, cette question se pose : existe-t-il derrière ce geste une intention non dite : la restauration de la monarchie ou l’installation de la VIème Khalifa. Ou encore, est-ce la nième scène d’une pièce de théâtre relevant du registre de la comédie du pouvoir  et de ses provocations permanentes ?
PS : après visualisation de la vidéo confectionnée apparemment par les services de la présidence circulant sur la toile montrant  Moncef Marzouki content que les marchands lui fassent un baise-main, l’hypothèse de sa bonne foi tombe. C’est à lui de présenter ses excuses au peuple tunisien, au nom de la République, sinon qu’il dégage !

Mustapha STAMBOULI