11/06/2012

Marzouki n’honore pas la fonction présidentielle : doit-il démissionner ?


Moncef Marzouki, président provisoire sans prérogatives significatives déclara l’autre jour dans une émission «people» de bas niveau de réflexion intellectuelle, qu’il a décidé de limoger Monsieur Mustapha Kamel Nabli de ses fonctions de gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie.
Le lendemain, MKN sort de son silence et rappelle au président "éphémère" qu’il n’a nullement l’intention de  démissionner et que seule une décision commune de trois présidents et l’approbation de l’Assemblée Nationale Constituante pourrait le démettre de ses fonctions. MKN a profité de cette réponse pour donner une leçon à Moncef Marzouki en lui rappelant la loi organisant les pouvoirs publics : "la décision de nommer ou de limoger le gouverneur de la banque centrale, qui intervient sous proposition du président de la République et du Chef du gouvernement, doit être adoptée par l'Assemblée Nationale Constituante" et ajouta "Le président a dépassé les prérogatives de l'ANC à laquelle revient, à elle seule, l'autorité d'approuver ou de refuser la décision de révocation". L’ANC pour désapprouver  le président provisoire a décidé à travers la commission de la planification, la finance et le développement, de tenir, le 19 juin 2012, une séance d'audition qui sera consacrée à l'évaluation de la politique monétaire et bancaire et à la note souveraine de la Tunisie.
Depuis son accession au palais de Carthage, Moncef Marzouki collectionne les gaffes : la toute dernière concerne sa  polémique avec les autorités suisses sur la restitution des fonds de Ben Ali placés en Suisse.
La multiplication des déclarations publiques  des conseillers du président demandant  la démission du  gouvernement nous laissent perplexes et de marbre. Comment un président accepte-il l’insubordination de ses proches collaborateurs ? Les citoyens tunisiens se demandent s’il y a vraiment un président à Carthage ?
Un président ne maitrisant pas ses dossiers doit démissionner avant qu’il soit dégagé. Comment peut-on expliquer une telle  cacophonie au plus haut niveau de l'Etat ? Alors, arrêtons les frais et mettons de côté ce président provisoire qui n’arrive pas à honorer la fonction présidentielle.
Mustapha STAMBOULI