14/09/2012

Le peuple déclare Abbou PNG, persona non grata !


Saint-Just n'a-t-il pas justement dit : "Tous les arts ont produit des merveilles. L’art de gouverner n’a produit que des monstres."


Sur les ondes de Shams FM, Mohamed Abbou, un élu du CPR à la Constituante,  a déclaré, à plusieurs reprises : « Celui qui descendra dans la rue le 24 octobre, et qui exprimera son intention de renverser le pouvoir par la violence, je suis navré de le dire, mais il sera passible de la peine de mort, selon les dispositions de l’article 72 du code pénal » et ajouta « Celui qui parle de fin de légitimité le 23 octobre, souhaite que le pays sombre dans le chaos et l’anarchie». En d’autres termes, tous ceux qui s’aventureront à sortir pour manifester et appeler le 23 octobre prochain au départ des constituants et de l’exécutif sont passibles de peine de mort.

 Voilà comment un secrétaire général d’un parti au pouvoir et de surcroit un constituant, représentant du peuple tunisien, envisage-t-il de résoudre l’illégitimité du pouvoir à partir du 22 octobre prochain ?!


Des propos minables et indignes d'un constituant. Un psychanalyste dirait que ces propos dévoilent une peur extrême allant à la psychose maniaco-dépressive. Il ajouterait que le sujet se trouve au moment de son interview dans une période où il se sentait « high » en éprouvant un sentiment d’euphorie. Notre constituant a perdu son «self-control» et s’est comporté d’une  façon imprudente !


Comment peut-on admettre d’un militant d’un parti censé véhiculer les valeurs humanistes prononcer de tels propos ? Est-il l’objet d’un chantage quelconque pour oser dire et répéter de telles monstruosités ? Cherche-il à prouver à son gourou qu’il est l’homme de la situation qui pourrait remplacer Mustapha Ben Jaafar à la présidence de l’ANC ? En effet, lors du bizutage, on demande toujours aux postulants de réaliser un exploit ! Merci, pour ces performances ! La connerie comme la lâcheté n'a pas de limite ! 

Dans une démocratie qui se respecte Mohamed Abbou devra s’excuser sans délai au peuple tunisien pour ces propos incendiaires et contre productifs.  Il devra être exclu de son parti pour de telles déclarations. La commission de discipline de la Constituante doit l’auditionner et présenter son cas à l’Assemblée Constituante en séance plénière pour statuer sur ce dérapage verbal.

Même le Général ZABA n’avait pas utilisé de telles menaces pour intimider la population la veille de son dégagement.

Abbou a commis l’irréparable ! Il doit disparaitre de la scène politique et publique définitivement car ses propos sont dignes d’un néo dictateur fasciste.

Je dirai à Abbou que je serai le premier le 23 octobre prochain pour occuper l’ANC et demander paisiblement le départ des constituants et de l’exécutif. Le peuple tunisien est encore dans un contexte révolutionnaire et constitue l’unique légitimité dans le pays à partir du 23 octobre prochain. J’invite Abbou, s’il  a le courage, de s’adresser aux manifestants et répéter ses propos devant la foule qui sera certainement nombreuse ce jour de vérité !

Si le peuple est obligé de sortir dans la rue, c’est parce que la classe politique est incompétente voire irresponsable. Comment est-il possible d’aller au 23 octobre sans une nouvelle feuille de route claire comportant des engagements fermes de la part de tous –majorité et opposition. Nous avons proposé, il y un mois, jour pour jour, la mise en place d’un processus de Conférence Nationale Souveraine des Forces Vives de la Nation afin de résoudre la question épineuse de la légitimité juridique et morale de la présente transition. Le Parti Jamhouri s’est inspiré de cette proposition et il tente maladroitement de la «vendre» sans comprendre l’esprit ni les exigences de fond et de forme de cette proposition.

Si rien n’est fait d’ici une semaine, le peuple tunisien n’aura pas d’autre choix que la rue et la guillotine !

Mustapha STAMBOULI