26/10/2012

Dialogue national en cul-de-sac : serait-il un échec soigneusement préparé ?


La palabre nationale se termine en cul-de-sac ! Rien de concret, que des " Enregistrons" ! Effectivement cette rencontre inutile n'est qu'une chambre éphémère d'enregistrement. Mal préparée, sans objectifs prédéfinis, la Conférence n’a pas abordé les questions essentielles. Elle aurait dû au moins  être une plateforme d’évaluation de la transition pour tirer les conclusions afin de ne plus tomber dans les mêmes pièges. Encore une fois, un rendez-vous manqué faute d’acteurs charismatiques, d’une lecture objective des évènements depuis le 16 décembre 2010 à ce jour  et enfin d’une vision claire pour la Tunisie.

Nous avons répété à plusieurs occasions qu’une conférence nationale  est un  processus efficace à condition de préparer minutieusement ses  préalables. Il  doit obligatoirement  être précédé d’une préparation sans faille en impliquant des patriotes indépendants,  crédibles et ayant une expérience certaine en matière de gestion de crise. Dans mon article «Echec et fin de la transition :une Conférence Nationale s’impose impérativement et urgemment ! » publié sur mon blog le 13 Août dernier, j’ai proposé une liste de personnes dont Ahmed Mestiri, personnalité indépendante et démocrate convaincue pour prendre part à la préparation d’une telle conférence.

Il a manqué à cette conférence de dialogue national le caractère officiel. L’ugtt aurait dû exiger un décret  pour sa mise en place, manière de tester sérieusement les intentions des uns et des autres avant d’amorcer le processus. La question de la souveraineté de la CN aurait dû être clarifiée avant la convocation de ce forum. 

A notre avis, la Conférence Nationale ne pouvait être  que souveraine et ses décisions  exécutoires.
Abbassi, secrétaire générale de l’ugtt,  en déclarant solennellement à la séance d’ouverture que la conférence propose et  l’Assemblée Constituante dispose a commis l’irréparable. Comment un syndicaliste aussi chevronné a-t-il pu  faire une erreur stratégique fatale de cette dimension ? Offrir sur un plateau en or la chose qui manquait  à la troïka : la légitimité au-delà du 23 octobre ! A moins   que cette palabre n’ait été qu’une étape « formelle » pour justifier d’autres actions à venir. Dans ce cas, nous saisissons le sens de « l’échec soigneusement préparé » !

La déclaration finale du congrès est réellement décevante, sans contenu réel à part des expressions  multiples et variées mais vides comme « espérons, enregistrons, satisfaits, etc. ». L’ugtt aurait dû faire l’économie d’une telle déclaration  ! Pourquoi tant de gâchis !  Abassi pouvait formuler  ses souhaits et ses recommandations dans un article de presse avec une large médiatisation et nous éviter cette mascarade de congrès.
Après ce Cul-de-sac  de la palabre, faut-il une conférence nationale sérieuse et souveraine ? Oui, absolument car le pays est plus que jamais en panne. Il a besoin d’une concertation efficace, ciblée sur des sujets essentiels  afin de trouver des solutions appropriées à la crise économique du pays, à l’achèvement et l’approbation de la Constitution promise, à l’insécurité régnante et surtout à la dégradation de l’image de l’Etat.  Les moyens et les outils sont faciles à trouver si l’analyse est objective et sincère. La classe politique a dépensé toute son énergie à la recherche de la « logistique » au lieu de s’occuper du fond du problème. Un mauvais diagnostic du mal tunisien va induire  un traitement inutile et inapproprié pouvant causer perte de temps, d’énergie et surtout laisser le mal se propager  tranquillement mettant en péril la santé de la patiente « Tunisie ». Dans ce cas, la théorie de la "faute virtuelle"  est applicable à la classe politique dans son ensemble. Le seul constat du résultat dommageable suffit à établir la faute, sans qu'il soit nécessaire de rapporter la preuve d'une faute. La faute est donc déduite du dommage.

Mustapha STAMBOULI