07/12/2012

L’Union pour la Tunisie, un vœu presque concrétisé !

Le 6 juin 2011, nous avons adressé  à Béji Caïd Essebsi une lettre intitulée « sauvonsla République » dans laquelle nous lui avons demandé en particulier ceci : « En tant que fils spirituel de Bourguiba et eu égard à votre parcours et votre engagement, ne pourriez-vous pas prendre l’initiative de rassembler dans un front uni toutes les sensibilités républicaines et progressistes, contribuant ainsi à l’émergence d’un courant politique puissant, convaincu, capable de résister aux courants politiques cherchant à balayer à jamais de notre mémoire collective Tahar Haddad, Abou Kacem Chebbi, Farhat Hached et tant d’autres figures ayant participé à la construction de la Nation tunisienne ainsi que la route du progrès et l’espérance démocratique amorcées par la Révolution. »

La concrétisation de ce vœu vient d’être annoncée : cinq partis (Nidaa Tounès, Al Jamhouri, El Masser,  Parti socialiste et Parti du Travail Patriotique et Démocratique)  projettent  de construire  une coalition sous forme d’un front uni sous l’appellation « Union pour la Tunisie ».  Cette plateforme  de rassemblement de presque toutes les forces vives de l’opposition  vise à renforcer  sa crédibilité et son efficience auprès de la masse populaire. Cette plateforme politique doit militer pour  mettre en place une nouvelle Transition acceptée par tous les tunisiens et tunisiennes. Ce Front doit prendre l’initiative d’une conférence nationale souveraine afin de sortir du blocage institutionnel actuel et d’éviter au pays des errements inutiles.
Nous appuyons bien entendu cet acte courageux qui rétablit le rapport de force politique dans le pays. Ceci permettra au courant moderniste d’affronter ses adversaires sans complexe avec de fortes chances de gagner les prochaines élections afin de diriger le pays pour ramener la paix sociale et le  reconstruire par la création massive d’emplois et la réduction de la pauvreté et de l’exclusion.

Le nouveau parti UPT ne doit pas oublier que son succès sera lié à sa capacité de favoriser la démocratie interne pour la désignation des structures du parti à tous les niveaux, de concevoir une organisation basée sur la décentralisation et surtout ne pas entraver l’émergence des courants politiques afin d’enrichir le débat interne et ne pas s’enliser dans la pensée unique ou la fabrication artificielle du consensus.

La plateforme politique et les références idéologiques de ce nouveau front doivent faire l’objet d’une large consultation interne et d’un débat approfondi pour éviter les malentendus et la scission en cours de route ou après la prise du pouvoir.

Il est urgent de s’atteler à la rédaction d’un programme commun synthétisant les grands chantiers que compte réaliser ce front une fois élu démocratiquement. A notre avis, ce programme devrait s’articuler autour de la décentralisation administrative et du développement. L’assainissement des caisses de retraite représente une  urgence nationale afin d’empêcher la banqueroute  du système. Si ce dossier est négligé, toute l’économie du pays en souffrira, ce qui  aggravera l’exclusion et la pauvreté. Un débat sur la Caisse générale de Compensation s’impose car le maintien de celle-ci en l’état handicape le développement du pays et renforce les distorsions en matière de consommation.