31/03/2013

La Banque centrale tunisienne joue-t-elle son rôle ?


La BCT a toujours  un train de retard ? Elle conduit à vue  sans avoir une destination préétablie. Elle ne fait que suivre le marché au lieu de l’influencer … Les récentes décisions du CA de la BCT ne rassure personne. Les problèmes de la Tunisie ne se situent pas au niveau de l’ajustement du taux d’intérêt directeur mais surtout du déficit budgétaire de l’Etat,  le creusement du déficit de la balance des paiements et l’anarchie qui caractérise notre économie. Le commerce informel prend des proportions inquiétantes mettant en péril l’économie et les ressources de l’Etat. Véritable plaie pour l’économie tunisienne, l’informel engendrerait un manque à gagner pour l’Etat de quelques milliards de dinars, alors que ce commerce  ferait tourner une masse monétaire estimée à plus de 10 milliards de dinars.
Le commerce informel contrôlerait plus de 50 % des segments de notre économie. L’économie informelle est entretenue par des « lobbies très puissants». La BCT joue-t-elle au petit comptable d’une entreprise à la dérive ?
Qu’a-t-elle fait pour assainir le système bancaire tunisien en grande difficulté ? L’annonce de la part du gouverneur de la BCT concernant la privatisation des principales banques publiques nous inquiète et nous laisse perplexe sur les vraies intentions de l’Etat tunisien. Il est vrai que nos banques publiques  ont constitué durant l’ère ZABA un terreau au dysfonctionnement du système bancaire, gangrené par la mauvaise gestion, le clientélisme, servant à financer des projets douteux. Pour l’instant, des banques telles que la STB, BNA et la BH se retrouvent dans le viseur. Cependant, au-delà de cette décision, se pose la question : qui se sera le preneur de cette troïka bancaire ? Nul doute, les pays golfiques sauteront sur l’occasion pour arracher ces fleurons ! S’il est exact que la  vente de ces banques apporterait quelques centaines de millions de dollars pour financer le déficit budgétaire et le déficit de la balance des paiements pour cette année, le risque est énorme pour les années à venir. Ces banques privatisées au profit du capital étranger deviendront une pompe d’exportation de devises ! Soyons responsables et évitons à la Tunisie une banqueroute certaine pour 2014. Espérons que l’annonce de Chadly Ayari n’est qu’un poisson d’avril !  


Mustapha STAMBOULI