23/04/2013

Le projet de la rente viagère "ad vitam aeternam" aux faux constituants : une escroquerie de haute voltige ?!


D’après les informations qui nous parviennent de l’hémicycle de la honte, les occupants de l’Assemblée du Bardo discutent un projet de loi signé par 113 membres de l’ANC, cherchant à octroyer "ad vitam aeternam" une rente viagère (retraite dorée avec une pension allant jusqu’à 33% des émoluments actuelles des constituants) pour service non rendu ! Ceci constituerait un  « abus de biens sociaux, acte  contraire à l'intérêt général, fait de mauvaise foi et accompli à des fins personnelles, dans un intérêt personnel ».

Cette pratique d’augmenter sans limite les revenus des occupants du Bardo est un délit d’abus de confiance et une escroquerie pouvant constituer les fondements de poursuites judiciaires. Qu’attend notre justice pour regarder de près ces abus-dérapages et poursuivre, le cas échéant,  ces personnes pour escroquerie et abus de biens sociaux ? La société civile peut et doit se   constituer partie civile  pour amorcer la procédure judicaire  afin de  mettre fin à cette pratique de pillage « légal » des deniers publics grâce à une manipulation scandaleuse et peu orthodoxe de la loi des finances 2013 faisant de MBJ ordonnateur principal des dépenses de l’ANC et ouvrant une voie royale pour des augmentations sans fin et octroi d’avantages variés et multiples.  

Faute d’une réaction massive de la part des institutions de la République pour arrêter cette hémorragie, le peuple sera amené à mettre fin à ce pillage systématique des biens publiques et tant pis pour tous ceux et celles qui ne connaissent pas le peuple tunisien.

Ne pas réagir maintenant, c’est accepter toutes les dérives car l’abus des biens sociaux, c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève...

Dans ces conditions, il est urgent de créer un Front des Forces Vives de la Nation (FFVN)  pour défendre la République, dénoncer les abus des occupants du Bardo et organiser la défense citoyenne contre toute atteinte  aux biens publics. Il sera ouvert aux partis politiques républicains, aux syndicats, à l’ensemble de la société civile. Nous n’avons plus le droit de différer cette action salvatrice afin de  préserver nos acquis républicains et l’avenir de nos enfants.

Les Constituants de l’opposition doivent démissionner sans tarder car leur présence dans cet hémicycle constitue une participation active dans le pillage des biens publics.

Par ailleurs, les fonctionnaires et les retraités de la fonction publique doivent s’organiser pour s’opposer à ces retraites dorées des occupants du Bardo. Comment peut-on justifier une telle pension faramineuse de 33% des revenus des députés ? Une retenue ne dépassant guère 20 milles dinars pourrait donner une rente annuelle comprise entre 20 et 40 milles dinars soit un «lump sum» de plus de 400 milles dinars : un rapport de 20 ! C’est l’investissement le plus rentable jamais enregistré dans les annales des affaires. Nous savons que ces gens sont là pour des raisons obscures mais nous devons renverser la machine tant que c’est possible. L’article 10 de ce projet honteux prévoit l’indexation  du montant de cette rente sur les salaires de la fonction publique !

 Pour notre part, nous condamnons avec force ces abus de la part de la Constituante et demandons à l’UGTT de se constituer partie civile, pour défendre les intérêts de la masse laborieuse qui se fait piller à travers ces augmentations injustifiées et abusives et des passe-droits honteux. L'Association tunisienne pour la transparence financière (ATTF) doit aussi tenter une action citoyenne pour annuler ce détournement de fonds. Erreur stratégique que se servir d’une manière inconséquente et arrogante. Un mépris du peuple, du bon sens et du savoir-faire !

Les appels pour la prise du Palais du Bardo, siège de l’ANC et des faux constituants, risquent d’être entendus par les citoyens et citoyennes. Un acte, amplement justifié, mettra la pendule à l’heure et déclenchera la vraie révolution citoyenne qui préservera la République et ses acquis et arrêtera le pillage systématique des deniers publics.  

Mustapha STAMBOULI