29/08/2013

BCE, simple citoyen, déçoit lourdement ?

Effectivement, sa sortie d’hier chez ses amis de Nessma TV, dans le cadre de son abonnement mensuel, a désillusionné sur tous les niveaux : ses déclarations en retrait par rapport à ses engagements pris avec ses partenaires proches et lointains sont perturbantes et mal venues en ce moment précis où chaque camp prépare une offensive avant d’entamer le dialogue avec les islamistes et leurs satellites d’hier et d’aujourd’hui.

Comment peut-on expliquer cette déclaration inutile du patron de Nidaa Tounès : «"Nous sommes différents partis au sein du front du salut, certains adoptent la campagne "Erhal" mais pas moi ».  BCE a intérêt à quitter Nidaa Tounès le plus tôt possible car ses déclarations contradictoires nuisent à l'unité de son parti, aux accords pris dans le cadre de l'Union Pour la Tunisie et aux ententes avec le Front populaire. Retrouver sa liberté d'expression exige un statut d'indépendant. On ne peut pas jouer sur les deux tableaux au même temps. Ceci s'appelle le double discours...

Béji Caïd Essebsi n’a fait que l’éloge de son interlocuteur islamiste Rached Ghannouchi qu’il considère de nouveau fréquentable et un vis-à-vis «sincère» cherchant l’intérêt national… Là on trouve un BCE d’avant 23 octobre 2011. Lui qui a tout fait pour aider islamistes à accaparer le pouvoir.

(i)         N’a-t-il pas concocté avec Yadh Ben Achour un code électoral très favorable pour les grandes formations politiques. Un système électoral préconisant un vote à un seul tour et à la proportionnelle avec l’introduction la notion du maximum de reliquat.

(ii)       (ii) BCE n’était nullement contre l’article 15 de la loi électorale qui avait exclu les soi-disant « mounachidines »,

(iii)     BCE n’a-t-il pas effectué un voyage « spécial » aux Etats Unis pour plaider en faveur des islamistes auprès d’OBAMA. BCE a offert un blanc-seing pour ces fossoyeurs des acquis sociétaux et du projet moderniste tunisien.

Par ailleurs comment peut-on accepter les dires de BCE concernant sa rencontre avec Rached Ghannouchi à Paris. Comment La France officielle n’est pas au courant de cette rencontre secrète, soit-elle ? Les services de l’ancienne DST sont-ils encore   vacances ? Non, ce n’est pas sérieux. On continue à prendre les citoyens tunisiens pour des débiles mentaux. Il faut finir avec cette langue de bois ou s’épauler de compétences en communication. Ces fautes graves décrédibilisent et tuent. BCE n’en sortira pas indemne de cette déclaration complètement stupide.

BCE a retrouvé toutes ses forces pour attaquer frontalement le premier Ministre qui juge la démission du gouvernement anachronique eu égard à la situation chaotique du pays. BCE tente-t-il à s’ingérer dans les affaires de Mont Plaisir pour renforcer Rached Ghannouchi qui perd pied ? BCE fait mine de ne pas comprendre la manœuvre islamiste cherchant à diviser l’opposition et le front de Salut national. Ali Laaraydh, Zitoun, Chourou, Louz et tous autres enfants de Ghannouchi ne sont que la même face de la même pièce.
Comment le simple citoyen est-il si certain que tout sera résolu et que la crise disparaitra la fin de la semaine –dans deux, trois jours ? Là, le simple citoyen s’est transformé en prophète !

En tout cas, nous retenons que Nidaa Tounès compte pour du beurre, seul l’avis de BCE prime pour toute décision stratégique. Vive la démocratie interne !

L’autre grande déception de BCE est son absence de réaction sur le dossier syrien. Comment un compagnon de Bourguiba et un ancien ministre des Affaires Etrangères durant six ans peut-il zappé un évènement majeur et planétaire ? Craint-il une réaction démesurée des Etats Unis et de la France pouvant le mettre hors jeu de l’échiquier tunisien ? Personne ne pourra comprendre cette position qui ne fait pas honneur à la Tunisie et à l’opposition républicaine.

En conclusion, je dirai que cette intervention récurrente manquée de BCE n’est que palissades et redites : une intervention inutile et de plus. BCE n’a pas grandi avec cette émission spéciale. Il est venu faire de la COM et organiser la défense pour un ancien adversaire et un ami de circonstance-  triste fin pour un « avocat du diable » !

Mustapha STAMBOULI