10/09/2013

Crise tunisienne : à choisir entre l’Armée, les Nations Unies ou le FMI !

La Tunisie vit un désordre presque total : un gouvernement incapable de gouverner, un président absent, une Constituante bloquée par son incompétente et une opposition qui se  cherche. Le peuple doute de la capacité de la classe politique pour redresser la situation politique, économique, sociale et surtout sécuritaire.  Le peuple est complètement déçu et il risque de rejeter toute la classe politique.


Tout est donc à recommencer. La Tunisie ne survivra que si elle réinstalle l’autorité de l’Etat et implique toutes les compétences en vue de trouver les solutions appropriées pour un pays à la dérive tant sur le plan sécuritaire qu’économique. Il ne manque qu’une formulation politique claire et un engagement résolu et sans faille de la part des acteurs politiques. Mais ces conditions, qui seraient si simples à remplir dans n’importe quel pays au Monde, s’apparentent, en Tunisie, à un chemin de croix, tant l’incompétence du gouvernement provisoire/ pléthorique est flagrante et tant l’opinion, écrasée de soucis quotidiens de survie, perdue.

Il faut être aveugle pour ne pas constater l’échec de la classe politique. Ceci, étant, comment peut-on sortir de cette impasse avec le minimum de dégât ?

On est tenté de dire, et si on effaçait tout et on revient à la case départ. Quels seront les scénarii possibles garantissant la pérennité de l’Etat et assurant une transition qui nous amènera in fine à des élections libres et l’adoption d’une Constituante acceptée par le peuple tunisien.

(i)         Remettre le pays à l’institution militaire qui se chargera d’organiser une conférence nationale souveraine avec sa garantie. Faute de consensus au bout d’un mois, cette institution procédera à la mise en place d’un exécutif intérimaire en attendant un consensus. Si au bout de trois mois, aucun accord n’est enregistré, l’institution militaire désignera un panel d’une trentaine de personnalités pour faire la synthèse entre la Constitution de 59 et la dernière version de la constitution en cours de finalisation. Ce panel devrait remettre son projet au bout de deux mois afin de le soumettre à référendum. Si le blocage persiste au niveau de la Conférence nationale, l’institution militaire fera appel aux Nations Unies pour organiser des élections libres sous sa supervision avec un code électoral préconisant le vote à deux tours sur les personnes et non sur les listes.

(ii)       Si le scénario 1 n’a pas été accepté par toutes les composantes des Forces Vives de la Nation, il ne restera qu’un scénario préconisant de remettre le pays aux Nations Unies afin de lui éviter l’implosion et permettre gestion non partisane de l’ultime transition. C’est une solution douloureuse mais elle nous évitera perte de temps et banqueroute.

(iii)         Ne rien faire, c’est opter pour une intervention déguisée du FMI et des institutions de Bretton Woods qui sauront comment imposer un exécutif à travers le trichement et l’intervention des puissances étrangères –Etats Unis, la France et l’Allemagne.

Personnellement, je préfère la première démarche, plus volontaire et moins humiliante pour la République. Ne rien faire, c’est autoriser la faillite à s’installer avec son lot de catastrophes : effondrement de l’Etat, de l’économie et surtout de la sécurité.

A nous de choisir : sortir par la grande porte sans intervention de quiconque ou l’acceptation de l’un des 3 scénarii.

Le peuple attend un  acte républicain de la part de la classe politique qui pourrait redonner aux tunisiens et tunisiennes le goût et la volonté de l’engagement politique. Sinon, une seule alternative s’offrira au peuple : faire sa révolution, une vraie révolution citoyenne quelques soient les coûts, les épreuves et  les sacrifices.

Mustapha STAMBOULI