11/06/2014

MEJO doit prendre acte de son échec et laisser la place à une compétence confirmée et courageuse.

Le bilan des quatre mois de transition consensuelle laisse les tunisiens perplexes et inquiets sur la possibilité d’un retour à la normale de notre pays. Cette période d’essai voulue-imposée par les amis de la Tunisie est caractérisée par un immobilisme gouvernemental sur tous les plans (dialogue national sur l’économie fait du surplace, une ministre de tourisme contestée par les professionnels du secteur et une mafia agissant en toute impunité, une loi de finances complémentaire qui n’arrive pas à quitter les bureaux du ministre des finances). A cette paralysie du gouvernement des expatriés,  un président agissant d'une manière anachronique provoquant l'isolement de la Tunisie  par les prises de décisions dictées par le patron des islamistes. Les  catastrophes provoquées e (multiples incendies) et  insécurité généralisée menacent tous les tunisiens y compris le ministre de l’intérieur.



L’affaiblissement de l’autorité de l’Etat a favorisé l’apparition d’une mafia redoutable participant au déclin de notre économie et fragilisant la sécurité nationale. La Tunisie est déstabilisée depuis longtemps par deux types de mafias  : (i) une que nous pouvons qualifier de « soft» qui arrive par tous les moyens à garder ses privilèges en matière d’importation des biens de consommation et d'équipement, (ii) une second peut être désignée de « hard » qui utilise la force et l’intimidation pour exporter les biens consommables subventionnés par l’Etat et importer illicitement tout, passant outre les procédures administratives et au vu et au su de tout le monde et des autorités du pays. Rien n’est fait pour lutter contre la mafia «hard », bien au contraire, nous assistons à une montée en puissance de ses activités –import/export. La mafia « soft », très influente arrive toujours à mettre en place une gouvernance favorable à ses intérêts. La complicité et la magouille ont trop duré et si on ne fait rien, certaines régions lésées par un accord tacite non écrit pourraient se soulever contre ce complot qui est en train de prendre une ampleur inacceptable. Ceux qui ont libéré le pays du colonialisme sont toujours capables de dégager les mafias et leurs acolytes.

 La Tunisie est-il devenu un pays maudit ? Qu’avons-nous fait  pour mériter un tel sort… ?

 L’Échec est généralisé : d’abord l’échec des partis  politiques et des organisations nationales. Ces derniers  ayant mal conçu et géré le dialogue national et  qui n’ont pas su trouver la solution pour remettre la machine en marche. Échec du peuple qui n’a pas su se soulever le 23 octobre 2012 après la fin de la légitimité électorale du pouvoir en pace.

Tous responsables et coupables...  Faut-il punir le peuple tunisien en prolongeant à l’infini des transitions molles ? Des élections peuvent-elles résoudre les problèmes des tunisiens – chômage, pouvoir d’achat, sécurité. Quelques soient les résultats des scrutins projetés, rien ne changera au quotidien du tunisien : (i) une cohabitation entre un président élu au suffrage universel et un gouvernement issu d’un parlement hostile au président paralysera le pays pour toujours, (ii) un président et un parlement de même couleur installera une nouvelle dictature qui ne sera pas acceptée par une frange importe du peuple.

 Aucune solution civile n’est en mesure de stabiliser notre pays, car le système constitutionnel mis en place est complètement inadapté pour gérer un pays désorganisé sur tous les plans.  Une paralysie généralisée poussera-t-elle le peuple à exiger, cette fois-ci, un autre type de gouvernance capable de lui résoudre ses problèmes ?  A notre avis, seul un pouvoir fort et uni est en mesure de combattre la mafia économique qui tire toutes les ficelles y compris celle du terrorisme.

Le gouvernement des expatriés a échoué comme tous les précédents  gouvernements post 14 Janvier 2011.
 Personnellement, je propose au dialogue national une dernière mission à savoir reprendre ses discussions pour trouver une solution honorable évitant à la Tunisie perte de temps et misère pour le peuple tunisien. Puisque nous avons tout tenté : des rcistes, des « archives historiques», des islamistes, des expatriés … Pourquoi ne pas sortir des sentiers battus et mettre un nouveau exécutif fort composé de compétences confirmées dirigé par un patriote républicain issu des rangs de notre prestigieuse Armée nationale ? Il est entendu que la  Tunisie doit demeurer civile et démocratique. Une parenthèse pouvant sauver l’essentiel : la République, la Nation tunisienne et son économie. Cette dernière est réellement au bord du gouffre faute de réformes intelligentes et une application stricte des lois. Seule une tolérance ZERO pour les fraudeurs et de tous ceux qui ne respectent pas les lois républicaines pourrait sauver la Tunisie, ses finances publiques et son économie.

 La Tunisie n’est nullement isolée de son milieu régional et méditerranéen. Ne rien faire, c’est inviter les autres à prendre les décisions pour nous. L’Algérie ayant subi plus d'une décennie d’horreur ne tolèrera jamais cette gabegie chez nous. Elle aura les moyens de nous imposer une « gouvernance» sécuritaire et politique dans les prochains mois, le temps de résoudre le problème libyen. Kerry , en visitant Alger juste avant les élections présidentielles,  aurait chargé notre voisin de régler au mieux les questions sécuritaires de la région et tant pis pour ceux qui n’ont rien compris.

 L’Algérie, l'Iran et l'Egypte seront les points focaux de la stratégie américaine de lutte contre les Djihadistes et la mafia en général.  "La nature a horreur du vide" comme l’avait bien dit Aristote.

 Le problème libyen serait probablement régler dans les prochains mois grâce à l’intervention musclée de l’Algérie et le courage de Haftar, le nouveau homme fort du futur Etat libyen. La Tunisie, « ventre mou » de lutte contre le terrorisme et la mafia économique perdrait sa souveraineté si elle ne fait rien de sérieux en la matière.

 Comment nos militaires continueront à accepter d’être la cible de  ces terroristes et le dindon de la farce ?
 « Fragilité », « vulnérabilité » de notre pays doit pousser  la classe politique à trouver la solution institutionnelle la plus efficace même si elle ne respecte pas toutes les dispositions de la nouvelle constitution. 


 Mustapha STAMBOULI