27/10/2014

Les présidentielles, l’autre rendez-vous crucial !

Plus de cinq millions de Tunisiennes et Tunisiens étaient appelés à choisir 217 députés (ées) dans le cadre des législatives 2014. Le taux de participation globale avoisine les 62%. Les régions littorales ont participé  massivement contrairement à celles de l’intérieur. 

Les estimations de deux instituts de sondage donnent Nidaa Tounès grand gagnant des élections législatives du 26 octobre 2014. Ce parti bourguibien est accrédité de plus  81 sièges sur les 199 sièges de Tunisie. En termes de voix, Nida Tounes s’impose sans conteste en première position avec 37,1 %, suivi par Ennahdha (27,9 %), Union patriotique Libre (UPL) (6 %), Front populaire (5 %), Afek Tounes (4%), CPR (2,4%), courant démocratique (1,9 %), et Ettakatol (1,6 %). 


La participation est peu conforme au potentiel électoral de notre pays : un million de tunisiens et de tunisiennes ont boudé cette votation : les hors système (chômeurs et informels) et les antisystèmes   (les extrémistes de gauche et de droite). Les derniers sont irrécupérables ; ils trouveront toujours un motif pour dire non.  Les oubliés de la Nation sont potentiellement récupérables en partie si le prochain gouvernement est en mesure de créer une dynamique économique et une croissance de l’ordre de  6 à 7%. Donc, dans cinq ans, il serait possible de drainer aux urnes un million de personnes de plus (absentéistes et  hors système).  Le prochain gouvernement de Taieb Baccouche  pourrait créer la surprise en renforçant l’empreinte du camp des républicains en orientant la prochaine politique du gouvernement vers la croissance par l’encouragement de l’investissement productif et la décentralisation de la gestion du territoire. Deux grands axes lourds doivent caractériser le gouvernement Baccouche : gouvernance local et stimulation de l’économie par injection massive de fonds nationaux et étrangers.

Logiquement, Nidaa Tounès n’aura aucune difficulté à former le prochain gouvernement avec les courants progressistes et destouriens (Front populaire, Afek Tounès, Initiative, Mouvement des démocrates socialistes) . Hamma et ses camarades doivent saisir cette occasion pour nous prouver qu’ils sont réellement républicains.

Les résultats de ces élections ont confirmé la régionalisation du vote : Le Centre et le Nord du pays ont voté massivement pour Nidaa Tounès, le Sud a opté, sans surprise, pour les islamistes.

Par ailleurs, avec de tels résultats (Nidaa tounès 37,1%, et Nahdha 27,9%),  la Tunisie est rentré de plain pied dans l’ère de la Bipolarisation. En effet, les américains ont tout fait pour bipolariser la vie politique tunisienne en faisant du parti des islamistes un adversaire unique à Nidaa Tounès. Cette bipolarisation est une manière subtile d’élimer tous les autres partis de gauche comme de droite libérale afin que le « Résident général »  n’ait que deux vieux en face de lui. Manière de réduire aussi les frais de réception et des diners du mois de Ramadhan. Le seul gagnant de cette configuration-organisation de la vie politique autour de deux blocs est bel et bien le RG. 

La déroute des obscurantistes et leurs satellites aux législatives constitue une claque pour le gourou et son tartour de Carthage. C'est un succès pour  Bourguiba  et pour le Bourguibisme et une percée spectaculaire de la gauche républicaine ! La victoire éclatante d'aujourd’hui sur l'islam politique, c’est la victoire de Chokri Belaid, de Mohamed Brahmi et de nos soldats martyrs !

Malgré toutes les magouilles pour faire perdurer la médiocrité, l’incompétence et la mauvaise fois, les tunisiens et les tunisiennes ont mis fin à la mascarade du « printemps arabe » et aux transitions de la honte. L’argent sale golfique n’a pas suffit pour défausser les résultats. Cette victoire sans appel couronne 4 ans de lutte contre l’obscurantisme et la démagogie.

Aussi, le succès du camp démocrate n'était pas possible sans les présidents Sissi et Bouteflika. Ainsi, nous rendons un grand hommage au Général  Sissi qui a réduit à néant les prétentions des islamistes tunisiens en écrasant  les obscurantistes d'Egypte et l'internationale islamiste. Le changement géopolitique opéré par l’héritier de Jamel Abd Nasser a rendu facile l’exploit du front républicain et progressiste.  Cette victoire ne pouvait être réelle sans l’appui de l’Algérie voisine en anéantissant le bras militaire des islamistes.  Nous saurons comment remercier Sissi et Bouteflika !

Maintenant, il faudra se préparer pour les élections présidentielles car, elles seules pourront préserver les acquis du 26 octobre 2014. BCE doit, en tant doyen du Front républicain-progressiste, entamer une large concertation avec les candidats de son camp afin d’arrêter une stratégie commune pour affronter ces élections cruciales. La meilleure solution que nous pouvons conseiller est une candidature unique pour barrer la route aux fossoyeurs de la République qui sont capables d’anéantir les résultats des élections législatives.

Pour éviter toute possibilité de déstabilisation de la Tunisie, une course contre la montre doit être engagée : dès la publication des résultats officiels des élections, les députés doivent s’installer au Bardo. Après la mise en place des structures, l’Assemble du Peuple doit convoquer le président provisoire pour le questionner sur ses actes passifs  et désastreux concernant la Syrie, la Libye, L’Egypte et surtout sur sa gestion calamiteuse de relaxation de criminels-terroristes. L’Assemblée doit abréger son séjour à Carthage et désigner BCE comme intérimaire.

Il est clair que les modernistes tunisiens ont franchi une étape importante pour remettre les pendules à l'heure mais ils doivent mieux s'organiser pour mettre fin  aux agissements des obscurantistes qui bloquent le développement de la Tunisie. Ces derniers sont très minoritaires et ne représentent nullement l'écrasante majorité des tunisiens et tunisiennes. Sans tricher, les islamistes ne peuvent prétendre à plus de 10% des voix, soit 15 à 20 sièges.

En définitive, ce succès électoral est une victoire dédiée à Bourguiba et à son projet moderniste ! Sans cette plateforme, il aurait été difficile de mettre fin à l'islam politique.

Mustapha STAMBOULI

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