23/01/2015

Habib Essid : erreur stratégique ?

Habib Essid est-il l’homme de la situation ? Son équipe serait –elle en mesure de faire face à une crise planétaire de grande ampleur dans les prochains mois ? La parité du dinar par rapport au dollar franchira dans un mois le seuil fatidique de 2dinars pour un dollar et probablement  2,25 dinars d’ici fin décembre 2015. L’endettement de la Tunisie exprimé en dinar risque de connaitre une inflation à 2 chiffres pouvant anéantir toute tentative d’assainir les finances publiques. Il est temps de revoir la stratégie de notre pays et installer à la Kasbah des hommes capables de changer le modèle de développement et nous protéger contre une Crise systémique globale programmée pour les prochaines années voire les prochains mois.  La Tunisie pourrait-elle encore   fonctionner avec un modèle établi dans les années 70  reposant sur le faible coût de production et un régime fort ? Notre pays a complètement changé en faisant de l’UGTT la seule force sociale et politique du pays. Le pouvoir politique central s’est érodé et n’est plus un moteur de transformation.  Il faudra rapidement trouver une solution à cette impasse systémique. Habib Essid est-il capable de gérer la métamorphose de la Tunisie ? Rien ne nous permet d’être optimiste car les noms qui circulent pour occuper les postes-clés en matière économique sont loin d’être satisfaisants. Il est temps de revoir la copie. Seul un sursaut patriotique des députés républicains et progressistes serait capable d’arrêter cette machine de démagogie et de calculs politiques partisans. Faute de quoi, la rue sera le seul opérateur à réparer une Tunisie  en panne.



Habib Essid à la Kasbah confirme la domination des rcdistes libéraux sur la prise de décision à l’intérieur de Nidaa Tounès.  Si cette aile libérale de Nidaa Tounès, très perméable aux thèses américaines, compte aller jusqu’au bout de son projet consistant à créer une nouvelle dictature en s’alliant avec les islamistes, ceci se traduira forcément  par l’implosion de Nidaa Tounès et fera de l’ancien MTI le premier parti au Parlement.  Aussi, il y a urgence pour que toutes les forces progressistes et républicaines intégrant le Front populaire, Massar, Tounès AMANA et les syndicalistes républicains de NT s’allient pour former un mouvement unitaire et faire face au conservatisme libéralo-islamiste et construire un projet de société prenant en compte les aspirations exprimées par le peuple lors des derniers votes.


Le "Résident général" a deux gourous au lieu d’un, manière d‘avoir une majorité absolue au Parlement pour faire passer toutes les lois afin de  façonner la Tunisie à sa manière : libéraliser à 100% l’économie, retirer l’Etat du secteur productif et surtout introduire des transformations substantielles sur le code du travail pour anéantir la lutte ouvrière. Le RG doit admettre que le peuple tunisien n’est pas facile à manipuler et qu’il est capable de dégager n’importe quel gouvernement après ses succès passés. Si BCE continue à jouer le jeu du RG, il ne faut pas qu’il s’étonne de notre réaction qui sera à la mesure du défi imposé par le RG. Ceux qui étaient à l’origine de l’idée de NT et ceux qui ont voté pour NT sont toujours en vie et sont capables de réagir et imposer une autre organisation capable de mettre fin aux trahisons multiples.

Compte tenu du développement négatif de la situation politique en Tunisie (complot diabolique et antidémocratique qui arnaque et nie le vote populaire), Taieb Baccouche a une responsabilité historique pour dénoncer et agir contre cette trahison. Son futur est conditionné par ses positions et actes pouvant bloquer les manigances des traitres et les marionnettes du résident général. Ne rien faire ou accepter un petit morceau du gâteau empoisonné et consommé avec nos ennemis historiques et idéologiques constitue un acte irréfléchi voire suicidaire pouvant anéantir le combat de 4 ans. Ceci nous ramène à la case départ, cqfd, l’hégémonie définitive des islamistes sur la scène politique.

Mustapha STAMBOULI
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