21/04/2017

Nous sommes tous coupables de l'effondrement du dinar ...

Madame ZRIBI, ministre des finances,  a-t-elle commis une faute grave par sa déclaration sur la surévaluation du dinar ? A-t-elle réfléchi une seule seconde avant d'annoncer cette catastrophe (valeur réelle l'Euro est de 3 dinars) ?

Comment les opérateurs économiques vont-ils encaisser cette volte-face du Ministre des Finances ?
En tout cas, moi je pense qu'elle ne réalise pas l'ampleur de sa déclaration. A sa place, je démissionnerai et je demanderai des excuses au peuple tunisien ...

Si Chahed ne limoge pas ZREBI, cela veut dire que cette dernière avait agit sur instruction du FMI. Dans ce cas, la situation devient plus grave et inacceptable.


Maintenant, c'est officiel quoique qu'on dise, la Tunisie compte laisser flotter le dinar et relever les taux d'intérêt. De mon point de vue, c'est prématuré, car le pays n'est pas stabilisé du tout. Ce glissement n'arrange rien tant que l'investissement n'est pas au rendez-vous. Je propose au gouvernement de surseoir à la mise en route de cette "tactique" en attendant les élections municipales, moment-clé pour le futur tunisien...

Le glissement du dinar par rapport aux principales devises est un avertissement en bonne et due forme à l'ugtt et à l'UTICA. En effet, les augmentations consécutives des salaires sans contre-partie depuis 2011 sont rayées par une forte dépréciation du dinar estimée à 78% si on prend 2010 comme année de référence (inflation importée et enchérissement de tous les produits importés). En effet, le manque de productivité de la main-d'oeuvre tunisienne, le poids excessif de l'Administration, la croissance fulgurante du commerce informel, la contrebande et l'importation des produits non nécessaires à la machine de production sont à l'origine de l'effondrement du dinar.

Le gouvernement et les partenaires sociaux doivent établir une stratégie de stabilisation du dinar en agissant sur tous facteurs plombant la monnaie nationale. Faute de quoi, le dinar poursuivra sa descente aux enfers.. Rien n'indique que la classe politique et sociale ait compris l'équation du dysfonctionnement du système économico-financer. La société civile et les personnalités indépendantes et compétentes doivent mettre la pression sur cette classe politique pour qu'elle change d'approche et surtout d'outils d'intervention. Faute de quoi, nous allons inaugurer une période plus ou moins longue de stagnation-inflation pouvant créer une situation favorable à un soulèvement populaire.
En définitive, laisser le dinar glisser d'une manière sauvage, c'est punir collectivement le peuple tunisien dans sa majorité écrasante.

Mustapha STAMBOULI, ancien conseiller technique principal UNOPS/UNDP
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