02/12/2011

Un Duel en perspective entre la Banque Centrale et le futur Gouvernement : la première défend les pauvres et le second défend les riches


L’indépendance de la  banque centrale est un outil privilégié pour  améliorer l’efficacité des politiques économiques, garantie la stabilité monétaire et financière du pays et surtout nous éviter une inflation qui éroderait le pouvoir d’achat des plus démunis.
Aujourd’hui, dans la plupart des pays, les banques centrales, qui sont en charge de la politique monétaire, sont indépendantes des gouvernements.

La banque centrale est l’institution en charge de la politique monétaire. Par l’intermédiaire de ses taux directeurs, elle contrôle la masse monétaire. Les trois fonctions principales d’une banque centrale sont :
  •  émettre la monnaie fiduciaire,
  • assurer la supervision du système financier,
  • jouer le rôle de prêteur en dernier ressort en cas de crise systémique.
La notion d’indépendance appliquée à la banque centrale recouvre à la fois une dimension politique et une dimension économique. 

L’indépendance politique traduit l’absence d’interférence du pouvoir politique sur les décisions prises par la banque centrale mais aussi l’absence d’influence de celui-ci sur l’organisation institutionnelle de la banque centrale, notamment sur la nomination et la révocation du Gouverneur, du Conseil d’Administration, des hauts cadres dirigeants, sur les statuts de la banque centrale, etc. De plus, la durée du mandat du gouverneur de la banque centrale ainsi que la nature des responsabilités qui lui sont confiées sont un indice de cette indépendance politique.

L’indépendance économique traduit à la fois le libre choix des objectifs quantifiés  fixés et des instruments utilisés par la banque centrale mais aussi l’impossibilité de financer le déficit budgétaire du gouvernement par la création monétaire.

Pourquoi la majorité actuelle voudrait mettre la main sur la banque centrale à travers la nomination des dirigeants  de cette dernière, c’est justement l’irrésistible attraction de la planche à billets, car les finances publiques sont au plus bas. Le remède est pire que le mal; l’inflation nous guette.

On entend dire que l’inflation est un bon moyen de réduire les dettes publiques. C’est illusoire car les marchés financiers sont trop sophistiqués pour se laisser dépouiller. L’inflation affecte en premier lieu les plus humbles, ceux qui n’ont pas les moyens de se protéger. Paradoxalement peut-être, c’est  la banque centrale qui défend les pauvres alors que le  gouvernement est du côté des riches ...

Une politique de fuite en avant comporte à l'évidence des risques importants. Rien ne prouve d'abord que la stratégie de stimulation monétaire aura un réel impact sur l'économie. Ses méfaits sont certains, car l’inflation introduite par la stimulation monétaire provoquerait à l’évidence une inflation non maitrisable qui affecterait le pouvoir d’achat des familles à faible revenu et de la classe moyenne.