07/10/2011

L’immigration réfléchie et organisée : solution du chômage tunisien

Par Mustapha STAMBOULI
Parmi les pistes qu’il faudrait privilégier pour résoudre d’une manière définitive le chômage en Tunisie est l’immigration réfléchie et organisée. Structurellement la Tunisie dispose d’un surplus de main d’œuvre estimée, aujourd’hui, à un million de personnes. Une diplomatie active et la mise en place d’une agence (ou carrément d’un ministère) d’immigration pourrait trouver des possibilités de travail et d’immigration pour plusieurs centaines de milliers de nos jeunes (Afrique, Australie, Canada, EU etc..). Pour un problème aussi épineux, il y a lieu de trouver d’innover et prendre des sentiers non battus.

La diplomatie tunisienne persistera-t-elle à tourner le dos à nos amis africains ? 
L’Afrique, non seulement a besoin de la Tunisie pour son développement, mais elle constitue l’entité privilégiée pour nous offrir la solution propre à résorber le chômage de nos diplômés dans tous les domaines et le surplus de la production de nos industries de transformation et d’équipement. Des accords bilatéraux signés dans les années 60 avec la plupart des pays africains francophones prévoyant la libre circulation des biens et des personnes entre la Tunisie et ces pays sont toujours en vigueur. Le Gouvernement actuel devrait mener une réflexion approfondie sur les échanges possibles entre notre pays et ces pays-frères. Compte tenu de mon expérience africaine, la Tunisie pourrait rapidement installer des dizaines de milliers de cadres et de jeunes promoteurs dans le Continent. 

Pourquoi ne pas mettre en place une Agence Tunisienne d’Investissements en Afrique ? Celle-ci aurait pour mission d’identifier les opportunités d’investissements en relation avec les capitaux et les entreprises de notre pays, de favoriser le placement des jeunes diplômés par le biais de microcrédits et la recherche des marchés pour écouler nos divers produits de bonne qualité. Selon le principe de réciprocité, notre marché pourrait s’ouvrir aux produits africains à valeur ajoutée culturelle en lieu et place de babioles chinoises fabriquées à faible coût en masse par une main-d’œuvre surexploitée, autre manière d’inonder et de détruire les économies dites émergeantes. L’équivalent des fonds de la Caisse de compensation correspondant à une année pourrait suffire à la mise sur pied de cette agence et à la génération d’une dynamique de coopération Sud-Sud. Le Monde a changé, l’Europe, pour des raisons structurelles liées au modèle capitalistique et de rente financière, ne dispose plus des mêmes possibilités d’emplois à l’intention de nos jeunes. La dette extérieure européenne s’établit fin 2009 à 180 % du produit intérieur brut, fait inimaginable avant la création de la monnaie unique (155% en Allemagne, 187% en Espagne, 191% en Grèce, 205 % en France, 245 % au Portugal). Seules les économies africaines ont la capacité de résorber nos compétences techniques et scientifiques. La langue, la proximité, une culture commune représentent des atouts majeurs pour réussir ce pari/défi.