30/07/2012

La situation politique est explosive : une nouvelle feuille de route s’impose


Les démissions en cascade des responsables économiques du pays viennent confirmer un fait connu de tous les observateurs de la vie politique en Tunisie à savoir la dégradation de la situation économique et financière du pays et que les comptes publics frôlent la catastrophique.  Le limogeage de Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la banque Centrale et la démission de Dimassi,  ministre des finances est une illustration que la machine ne fonctionne plus et qu’il y lieu d’intervenir pour procéder à sa réparation en profondeur.

A cela, les islamistes au pouvoir cherchent à remettre en cause l'égalité homme-femme en introduisant dans la constitution de la notion de complémentarité et non d'égalité. Certains constituants suggèrent la non éligibilité de la femme aux fonctions présidentielles ! Exclure la femme de la vie politique, c’est condamner notre pays au sous-développement et à l’ignorance. La femme aux responsabilités publiques n’est pas un choix, c’est une obligation historique non négociable. Nous estimons que l’égalité totale entre les hommes et les femmes demeure une revendication fondamentale.

Ainsi, nous appelons avec force à une refonte rapide et objective de la feuille de route pour la Tunisie pour mieux encadrer le présent et le futur afin d’éviter implosion, «libyanisation» et mise sous-tutelle à la  grecque. Cette feuille de route se décline, selon nous, sur cinq axes :
·       Retrait de la confiance accordée au gouvernement Jbali et instruction d’une enquête afin de dévoiler toutes les pratiques antirépublicaines du gouvernement (indemnisation des prisonniers politiques, cession de la raffinerie de Skhira et tant d’autres projets juteux cédés à Qatar, etc..).
·       Le peuple tunisien se rend compte, chaque un peu plus, que les constituants n’ont pas l’intention de rédiger une Constitution. Afin de rétablir l’Etat de droit, nous proposons la promulgation par un acte solennel de la Constituante du texte original de la Constitution de 1959 comme Constitution de la République tunisienne avec application immédiate de ses dispositions et transformation de l’ANC en Parlement.
·       Déblocage de la situation politique, économique et sociale : mise en place d’un exécutif intérimaire en remplacement de l’exécutif provisoire qui a échoué dans sa mission. Le Parlement aura la tâche d’identifier et de désigner à l’unanimité une personnalité ayant les qualités intrinsèques d’un homme ou d’une femme d’Etat de consensus, intransigeant (e) en ce qui concerne l’unité nationale et les valeurs de la République pour être accepté (e) et pourquoi pas soutenu (e) par tous les tunisiens et tunisiennes sans distinction d’origine sociale ou territoriale. Cette personnalité  devra exposer au peuple la situation complexe et critique du pays. Elle fera passer l’intérêt supérieur de l’Etat avant le sien. Cette personnalité assurerait les charges de Président de la République en application des dispositions de la Constitution adoptée par la Constituante.
·       le Chef de l’Etat intérimaire formera immédiatement son gouvernement composé d’un effectif très réduit (une vingtaine de portefeuilles au maximum) formé par des patriotes / technocrates  capables d’impulser l’action gouvernementale et de ramener l’adhésion et la confiance des citoyens/citoyennes et des opérateurs et chefs d’entreprises tunisiens.
·       La "stabilisation" de la Tunisie confèrerait  davantage d’autorité à l’institution militaire qui a prouvé son républicanisme afin de préserver le pays de tout désordre mettant fin à l’insécurité menaçant tous les citoyens et citoyennes  et les étrangers présents sur notre territoire national.
·       Procéder immédiatement à la préparation des prochaines élections présidentielles, parlementaires et municipales. La mise en place d’une administration électorale dotée de moyens humains et financiers constituerait un premier pas de bonne foi vers la normalisation de la vie démocratique du pays. Un comité d’experts indépendants, à désigner, devra établir un nouveau code électoral réellement juste et transparent tenant compte des conditions politiques objectives du pays afin d’éviter le ratage des élections du 23 octobre dernier.

Sans la mise en œuvre rapide de cette feuille de route, le pays risque d’entrer dans une phase ouvrant la voie à la guerre civile ou une aventure incontrôlable et néfaste pour tous les tunisiens et tunisiennes.

Au cas où les islamistes au pouvoir refusent cette feuille de route, l’opposition n’a plus de choix que de démissionner et quitter cette ANC, sans tarder : sa présence devient un soutien aux islamistes, pilleurs de deniers publics et fossoyeurs de la République. Nous sommes certains maintenant que cette opposition ne peut rien faire pour le peuple à l'intérieur de l'ANC. Sa présence est fatalement une caution au président des présidents. La stratégie de ce gourou est claire : défaire la République tout simplement et semer l’anarchie. Le peuple est en train de se révolter et tant pis pour les profiteurs des gros salaires et indemnités de l’ANC.

Mustapha STAMBOULI