09/03/2013

Gouvernement Laaraydh : un «épouvantail» sans corps ni âme !

Ali Laarayedh, a  finalement divulgué la liste de son gouvernement. La formation proposée  ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de Hammadi Jbali à quelques exceptions. Autant dire que la montagne a accouché d'une souris. Est-ce qu'il fallait vraiment deux semaines pour que Laaryadh arrive à composer un gouvernement plat, sans consistance ?

C'est une grande déception ! C'est la même salade qu'on nous sert depuis plus de 18 mois. C'est un gouvernement hétéroclite, sans âme, qui n'est nullement en mesure de faire face  aux défis politico-économiques auxquels devra s'attaquer la Tunisie pour stopper l’hémorragie de notre économie et la banqueroute des finances publiques : une opinion partagée par tous les tunisiens et tunisiennes.

Le gouvernement Laaraydh serait-il en mesure de sortir du marasme dans lequel la Troïka s’est engouffrée. Certainement non eu égard au peu de compétence des personnalités proposées. Les ministres reconduits ont prouvé leur inefficacité durant la période écoulée et à leur tête le chef de gouvernement lui-même. Les nouveaux titulaires sont inconnus du public et rien n’indique qu’ils peuvent redresser des départements déstabilisés par une désorganisation à grande échelle et une surpopulation des cabinets des ministères.
Laaraydh nous a convaincus qu’il est complètement déconnecté de la réalité et des besoins de la population. Les tunisiens et tunisiennes sont préoccupés par l’implosion des prix et de l’insécurité dans notre pays. L'équipe économique du gouvernement de la Troïka bis a peu d’expérience et rien n’indique qu’elle sera capable de redresser une économie au bord de la faillite et de la banqueroute. C'est une équipe qu'on connaît mal et tout laisse croire que le gouverneur de la BCT deviendra de facto le premier ministre économique. Dans cette configuration, le chef du gouvernement ne peut être qu’un super ministre de l’intérieur.

Laaraydh a-t-il consulté l’UGTT lors du processus de négociations avec les partis politiques et les personnalités indépendantes ? Dans la négative, ce gouvernement aurait du mal à faire passer ses réformes douloureuses pour redresser les finances publiques.

Deux petits  cailloux dans les chaussettes d’Ali Laaraydh : (i) le premier est sans doute les comités  LPR (Ligue de la protection de la révolution) qu’il faut liquider urgemment faute de quoi, toute la classe politique et la société civile boycotteront les prochaines élections, (ii) de faire rapidement toute la lumière sur l’assassinat de Chokri Belaïd afin de dévoiler surtout les commanditaires de ce crime odieux.

Donc malgré les apparences, le chef de gouvernement  échouera, pour une raison simple, lui et ses semblables veulent que ce soient les intérêts partisans qui priment l’intérêt général.

Mustapha STAMBOULI