28/11/2012

Pour un Front National de Salut contre la dictature.


L’heure est grave : des morts, des blessés en grand nombre et des citoyens rendus aveugles volontairement. Ceci prouve encore une fois que l’appareil de répression n’a pas été démantelé et que le gouvernement adopte une attitude repoussant tout dialogue avec les populations. Ainsi, nous pouvons déduire que le pouvoir se fascise et met entre parenthèse le processus de transition et cherche à s’installer définitivement en dépit de la contestation croissante. L’opposition, pour être crédible, doit quitter sans délai l’Assemblée Constituante et construire un Front de Salut National avec un projet clair pour sortir le pays de l’impasse et affronter le pouvoir qui devient de facto illégal car utilisant la force d’une manière arbitraire et meurtrière contre le peuple. Tous ceux qui attendent le miracle s’illusionnent,  jouent le jeu du pouvoir et rament contre l’intérêt du peuple. Une certitude : la troïka ne lâchera pas le pouvoir sans un sursaut populaire appuyé par la société civile et les Forces vives de la Nation.

Nous avançons vers la banqueroute car les indicateurs économiques sont au rouge entrainant une dégradation des conditions de vie des populations et l’augmentation du chômage.

Face aux revendications légitimes du peuple le gouvernement compte-t-il poursuivre sa politique de répression comme réponse à son propre échec ?

L’UGTT assume l’entière responsabilité de cette situation car cette dernière a donné un blanc-seing au pouvoir en annonçant solennellement à la conférence alibi que l’ANC gardait toute sa légitimité au-delà du 23 octobre 2012. La Centrale de Hached trouve-elle aujourd’hui son compte dans ce soutien sans limite ? De notre côté, nous croyons fermement que la stratégie adoptée est erronée à moins que l’UGTT n’ait tendu un piège au gouvernement pour l’acculer à se dévoiler. 

La situation explosive dans le pays et particulièrement à Siliana exige que la société change de moyens de lutte et opte pour une stratégie de mobilisation populaire en lieu et place de discours. Les moyens sont multiples telles que  désobéissance civile, grèves tournantes,  grève générale, grève de faim, etc. Nos ennemis sont capables d’entreprendre ces actions. Rester dans la rhétorique est un échec annoncé, ce que la population a bien compris. Suivons son exemple à l’échelle nationale et organisons-nous pour mettre fin à la descente aux enfers que vit la Tunisie avec la complicité de l’opposition.

Nous relevons un durcissement inattendu de la part du pouvoir ! Pourquoi le chef du gouvernement tient-il à ce gouverneur  sachant que le peuple est souverain et exige son départ ? Son obstination signale-t-elle un manque d'expérience ou est-ce le reflet de sa pensée profonde à savoir qu'il nie au peuple le droit à la parole et à l'action. Est-ce là la démocratie qu’il cherche à nous vendre et à vendre au Monde entier ? 

Mustapha STAMBOULI